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«(…)
Et si elle
ne vit pas pleinement chaque Nuit, elle aime avec les yeux, se
moque des plissures de son corps, palpite plus et mieux en fanant.
La Lune est un coquelicot Bleu. (…)»

Factuel imaginaire

Lorsque tu te recroquevilles en un minuscule agrégat, comme
trop souvent, avec une façon si particulière de te replier
profondément, pensées et corps, l'on croirait pourtant que
tu deviens invincible.
Tassé, tu occupes ton temps à étiqueter tes souvenirs, sans
torturer ta mémoire, mais en arrêt sur le tranchant entre
la véracité immaculée et les produits de ton imagination. Tu
es capable de repenser les événements originaux, les détails
sans rêves éveillés ou les réalités du pays des fantasmes
dans lequel tu t'échappes.
Ta présence-au-monde concentre les mots du silence plein et
sur une idée déclenchée tu t'emportes en apparitions bizarres,
imaginaires, où tu déverrouilles tous les intervalles.
Considérables séductions des troubles émotionnels, charme
grandiose ou sinistre, tu parcoures les dérives des rivages
lancés en messages à ton élaborée pensée. Tes histoires captivées,
même en apocryphes contes - qui s'en souci ? -, t'offrent
d'innombrables, et de merveilleusement invraisemblables,
accrochages où suspendre ton fragmentaire vêtement vie.
Alors des pieds alertes, fictifs et idéaux t'emmènent te promener
de la terre jusqu'à loin, ils portent des yeux à regarder.

© Marie Mélisou avril 1999
http://www.ecrits-vains.com/global/auteurs/melisou/factuel_imaginaire.htm

 

Clé des chants

Devenir Chose - objet heureux - de paroles imprégnées, de
senteurs vivantes, sans lumière pauvre, pour enfin éprouver
en couleurs chantées.
Le monde est une cabane au fond d'un jardin, dans laquelle
une Sorcière cupide et effroyable dirige avec une agilité
noire une nuée grouillante d'insectes en luttes, les Choses.
Brins de chaleur sur les flots, en bord de grève suspendue,
poussières et grains en trompe-l'oeil, les Choses, le Jour, au
fond du jardin, ont une vision en reflets Orangés
Le large rattrape tout le temps le falun et lèche aussi les
coquillages imaginaires des Choses. Qui grouillent et luttent.
L'Orangé prend flamme quand les Choses, flashs de malignité,
exécutent en pensées la Sorcière, torche vive d'un instant ;
rendre le jardin supportable chacun des Jours.
Les rayons Bleus de la lune -veilleuse- ont une façon, la
Nuit, de raconter et de peindre les visages des Choses tournées
vers elle.
L'importance des douleurs en devient différente, la Nuit
possède la Clé des Chants. Murmures apaisants de celle qui ne
veut rien. Si, juste regarder. Pas comme les Choses, ils scrutent
misérablement sur le jardin d'à côté. Traverse de la terreur.
Couloir de l'abandon. Quête du Quai de rive neuve.
Non, la peau de la Lune rutile, son temps chante. Et si elle
ne vit pas pleinement chaque Nuit, elle aime avec les yeux, se
moque des plissures de son corps, palpite plus et mieux en fanant.
La Lune est un coquelicot Bleu.
Quelquefois, durant la Nuit, sous la Lune, les objets heureux
- Choses -, croient que le Jour, leurs visages comme leurs idées,
sont sujets aux mirages.
Rythme de Lune.
Griffes des Jours.
L'Orangé et le Bleu, complémentaires.

© Marie Mélisou Janvier 1999
http://www.ecrits-vains.com/global/auteurs/melisou/cle.htm

 

C'est une façon d'aimer

L'habileté à découvrir les secrets
Ces voyants insolites cachés
est l'éloge des épisodes délicieux
comme un juste chemin noblesse
L'incarné immense des jouissances
- pourtant garder sa rigueur -
soulage les jours
Les ennuis gravent la terre
et les intentions vastes s'écrivent labourées
Le prix du rire
Ce quadrille enivrant
sur lequel des felouques frissonnent
rares foisonnements
mord le pouvoir où opèrent nos yeux
Grandes recherches
D'orientations et d'innocences les séquences
Exigences formelles
Stupéfiantes courses
jouent comme une simple leçon les doutes poignants La nostalgie en silence mouvant descend la rivière
à sa façon en Beauté d'Amour

© Marie Mélisou
http://www.ecrits-vains.com/global/auteurs/melisou/aimer.htm

 

La songe-creux

Un jour je ne me déliterai plus dans le vulnérable de
la vie et je n'oublierai pas de me prendre au jeu.
Un jour l'indéfinissable glauque des tombés de rideaux
seront des tableaux uniques où les nouveaux ruisseaux en
comédies sentimentales me contamineront en rayonnements.
Un jour l'émotion intacte de savourer la folie et la
sagesse seront des escapades pour retenir les songes, ceux
qui remettent de l'ordre pour inverser les grilles.
Un jour, déligotée après des chiquenaudes sur mes chimères,
passionnées de paroles où j'aurai viré ma meilleure ennemie,
moi, je prendrai le passage pâlir une dernière fois, et poserai
mes sots songes qui clabaudent.
Enfin je serai effervescente.
Un jour, quand je serai née.

© Marie Mélisou
http://www.ecrits-vains.com/global/auteurs/melisou/songe.htm

 

Quatre leçons par après le voyage du sommeil

« Vivre, je veux vivre avec la même violence
que j'ai eue parfois à vouloir mourir sans vraiment mourir,
à attendre la nuit pour m'y endormir bellement. »

Barbara

de ton regard qui me soulève
de tes grandes expressions dégagées
d'un monde nouveau dont le revers bruisse
écris-moi pour me naître
moi qui suis privée de seuils
en long voyage sommeil
du plus mince et du davantage fragile
d'un temps perdu comme je l'ai partagé
des premières fois aux petits jours
écris-moi en fleur de ta peau
moi gardienne de blessures sacrées
après la perdition des voltiges
de ces pétales qui tracent ton vol
du plaisir où tu évolues à l'aise
des tapis et de leurs rares rochers
écris-moi pour me voluter
moi le plus fou des rebuts rigides
écris-moi d'un pinceau prévenance
écris-moi en me traçant d'union
écris-moi d'une ligne douce et annoncée
écris-moi en incarnat coup de foudre
à m'entrouvrir à m'apparaître
je brillerai aux approches du désir
d'une lueur feu sur papier Japon
en quatre leçons de vie par jour
et d'une insensée vapeur d'allées
en quatre leçons de vie par jour
après le voyage du sommeil
écris-moi ébauche-moi dessine-moi
à contours détachés en dentelles de pierre
aux joies à demeurer là
écris-moi
et je commencerai à exister

© Marie Mélisou mars 2000
http://www.ecrits-vains.com/global/auteurs/melisou/quatre_leos.html

 

   
   
   
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